Violence

Numéro 5 – Décembre 2014

L’Édito

Couverture de : Violencelog

Méfiez-vous de « Michael »

Vous l’avez peut être remarqué mais nous n’avons pas choisi un des thèmes les plus faciles, ni un des thèmes les plus joyeux. Pourtant la violence finalement c’est un peu comme un album de Michael Jackson. Pas n’importe lequel, non. Un album posthume. Et oui ! Vous pensiez en avoir eu assez ? On vous avait appris en cours d’Histoire les horreurs, les guerres, les génocides, les famines… On vous avait dit que l’humanité avait appris de ses erreurs, ça ne pourra plus arriver, c’est fini tout ça, le monde a changé. Ben vous voyez Michael lui, il sort toujours des albums alors même qu’il est mort. Y en a même qui disent qu’il est pas mort, mais c’est pas le sujet.

Ces albums posthumes de Michael Jackson ils envahissent les médias. Vous l’entendez à la radio le matin, vous voyez des affiches dans le métro, dans la rue… Même en rentrant chez vous, on vous en parle alors que vous êtes fatigués, affalés dans votre canapé moelleux, on vous farcit la tête en fin de journal télé, sans compter votre sœur, qui est dans sa période « Michael » et qui l’écoute en boucle à côté de votre chambre.

Finalement vous faites tout pour y échapper à cet album, vous en avez marre d’en entendre parler de le voir de l’entendre à tous les coins de rue. Mais vous n’avez pas le choix, le système est tel que vous ne pouvez pas passer à côté. Finalement comme vous ne voulez pas vivre comme un ermite dans le désert à manger des sauterelles grillées, vous l’acceptez et toutes les manifestations de cet album vont finir par faire partie du décor. Ça vous gêne, ça vous embête, ça vous révolte au début. Mais vous finirez par ne plus rien en avoir à foutre.

Et forcément, ça peut énerver.

La violence c’est pareil.

Méfiez-vous de « Michael ».

Mais l’album posthume de Michael Jackson finalement c’est quoi ? Juste un produit du système une armée d’anonymes rangés derrière une figure à qui l’on fait porter le chapeau. Ce n’est pas la faute d’un seul leader. C’est des milliers de gens qui achètent le même disque, sans trop se poser de questions, par pure habitude parce que « Michael » c’est bien, c’est la télé qui l’a dit. Les producteurs se sont quand même donné le mal de le ressusciter le temps d’un album, alors c’est que son message doit valoir la peine d’être passé. C’est le dernier après tout.

Rassurez-vous dans ce numéro, on ne parlera pas plus longtemps du roi de la pop pour faire des métaphores sur la violence. Vous aurez droit aux sensibilités de nos contributeurs, à leur vision de la violence. Vous jonglerez entre des passages, des tortures, des petites violences du quotidien. Bref vous en aurez sans doute à n’en plus pouvoir. Mais courage, nous vous avons aménagé un petit havre en fin de revue pour vous défaire de ces idées un peu anxiogènes qui pourraient vous envahir. Nous remercions d’ailleurs tous nos contributeurs pour avoir créé des souvenirs dans nos têtes, et du plaisir dans les vôtres.

Alexandre LEGAY

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